L’ATELIER 2020/2021

Les résident·e·s

Alpha Diallo, 28 ans, vit à Garges-lès-Gonesse (95)



« Né le 21 octobre 1991 à Paris 18ème, je suis le dernier d’une famille de 5 enfants d’origine sénégalaise. À l’âge de 6 ans, je déménage pour Garges-lès-Gonesse où très vite grâce au Centre Culturel de ma cité, je me berce dans le monde du spectacle. Au lycée, je commence à tourner mes premiers projets et écrit des pièces de théâtre. Mais c'est le cinéma qui m'intrigue par ses horizons et histoires différentes. Je prends peu à peu goûts aux films que je vois de Va, Vis et Deviens de Radu Mihaileanu à Timbuktu d’Abderrahmane Sissako en passant par Moonlight de Barry Jenkins. (…) Mon rêve était de faire une école de Cinéma, trop cher aux yeux de ma famille et surtout trop élitiste. En ce sens, j’ai créé mon collectif « Menace To Comedy » avec deux autres amis de mon quartier où notre caméra demeure maintenant notre meilleur allié. En 2017, mon court métrage filmé avec un téléphone portable a été finaliste du concours « Filme Ton Quartier » de France Télévisions et cette année je réalise ma première série. (…) L’Atelier me permettra d'acquérir en expérience et surtout d’apprendre une nouvelle façon d'interpréter le monde de la réalisation. Mais encore, il me permettra d'évoluer autant au niveau personnel que professionnel.»

Yann Elliam, 25 ans, vit à Saint-Ouen (93)



« Tous les dimanches soir, et ce dès mon plus jeune âge, ma mère avait l’habitude de nous emmener mon frère et moi au cinéma de ma ville, L’Espace 1789. Ce fut l’occasion pour moi de découvrir des films d’auteurs et des documentaires de tout genre et ainsi, comme le disait ma mère de développer mon esprit critique. De ce fait, j’ai pu découvrir un nouvel art et parcourir le monde et notre société à travers la caméra d’un cinéaste et de son film. Parmi mes découvertes, il y avait entre autres Le ruban blanc de Michael Haneke, Bande de filles de Céline Sciamma, Une séparation de Asghar Farhadi ou encore Les glaneurs et la glaneuse de Agnès Varda. Ce sont toutes ces œuvres, qui, aujourd’hui encore m’inspirent dans ma très jeune carrière de cinéaste. (…) Selon moi, être accompagné par un parrain professionnel du cinéma serait un atout majeur. Ses conseils, son savoir-faire, son expérience sont sans aucun doute des ingrédients que beaucoup de jeunes réalisateurs aimeraient ajouter à leur recette, moi le premier.»

Chriss Itoua, 29 ans, vit à Saint-Denis (93)



« La création me passionne et cela se manifeste au monde de différentes manières, le dessin, l’écriture mais surtout la réalisation d’images et le collage. C’est ce qui a fait dire au garçon de 13 ans que j’étais « je veux faire des films ». Mon passage en Licence en cinéma à Paris 1 n’a comblé qu’une partie du désir que j’avais depuis mis en sourdine car à cette époque faire des films ne m’intéressait pas. Je voulais apprendre le langage cinématographique. (…) Au terme de ma licence j’ai estimé que j’avais appris assez et qu’il fallait donc travailler. Je débute une carrière dans la production de doublages et cela pourrait être la fin de l’histoire, le compromis est tenu je fais presque du cinéma et j’occupe un poste sédentaire. Les années avançant je m’aperçois que je n’ai pas réalisé ce que je m’étais dit à l’âge de 13 ans, je n’ai pas fait de film ! (…) Aujourd’hui je veux faire des films, je veux nous raconter, nous les non-blancs, nous les trans, les pédés, les gouines. Ce désir s’est renforcé en m’installant en 2019 à Saint-Denis car cela a été comme un retour. Ayant grandi à Creil, dans l’Oise, j’ai eu la sensation à Saint-Denis de retrouver des visages familiers et une façon de vivre sa vie que j’avais oublié. (…) L’Atelier me permettrait de poursuivre cette quête car j’espère y apprendre plus sur la réalisation. Il s’agirait pour moi d’avoir une chance d’affiner mon point de vue sur les sujets que je choisis de raconter en employant le langage cinématographique. »

Anissa Kaki, 32 ans, vit aux Lilas (93)



« Comédienne de formation, j'ai suivi l'enseignement de l'Ecole Miroir à Epinay sur Seine de 2011 à 2014. (…) Après cette formation, parallèlement à mon activité de comédienne, j’ai commencé à me sentir attirée par l’écriture et la réalisation. J’ai ainsi réalisé un premier court métrage, Princesse Nuage, soutenu par la Fondation France Télévision. (…) En 2018, je réalise mon second court métrage, Les Danses de Lazare, un portrait de mon oncle. Le film est lauréat du concours “Filme ton quartier” et diffusé sur France 3. Avec Princesse Nuage et Les Danses de Lazare, j’ai tenté de représenter cet angle mort de la banlieue que je ne retrouve pas souvent dans les films ou les médias, la solidarité et la beauté que je perçois dans ces endroits. Je décide alors de me lancer dans un projet de film plus long autour du personnage de mon oncle Lazare. (…) Je viens du monde du théâtre, je suis à l’aise dans la parole, les gestes, mais ce projet est pour moi la première confrontation au travail d’écriture et de réalisation au long cours. Malgré mon parcours riche d’expériences, je me sens novice dans la construction d’un film, son écriture, sa réalisation. J’ai des intuitions, mais je sens qu’il me manque des connaissances importantes, du recul sur mes idées. L’opportunité de pouvoir participer à L’Atelier m'offrirait des temps de réflexion et d’écoute, d’échange et de travail collectif qui sont si nécessaires pour pouvoir enrichir sa culture et son approche du cinéma.»

Les parrains et marraines

Bojina Panayotova



Bojina Panayotova grandit dans la Bulgarie communiste et saute dans le bain occidental après la chute du mur. Elle étudie la philo à l’Ecole Normale Supérieure et le cinéma à la Fémis où elle rencontre le collectif de réalisateurs-producteurs Stank. Avec leur soutien, explore son Far East bulgare dans deux « films sauvages » plébiscités dans les festivals : le court métrage L’immeuble des braves qui remporte le Prix du meilleur documentaire au festival Silhouette, et le long métrage Je vois rouge qui est sélectionné à la Berlinale avant de sortir au cinéma en avril 2019. Elle collabore également avec le réalisateur Boris Lojkine et co-écrit Camille, Prix du public à Locarno et Bayard du meilleur scénario à Namur.

Mathias Théry



Mathias Théry est un réalisateur français né en 1980. Lors de ses études aux Arts Décoratifs de Paris, il s'intéresse à la photographie puis se tourne vers le documentaire. La Vie après la mort d'Henrietta Lacks, son premier film, a été primé dans plusieurs festivals. Mathias Théry a, depuis 2006, réalisé presque tous ses films avec Etienne Chaillou. Leur nouveau film, La Cravate est sorti en salle en février 2020.