Ce qui travaille fonctionne ici comme une formule à double entrée. Ce qui travaille dans le processus artistique d'abord, ce qui fait apparaître, les forces qui poussent un paysage mental à s'imprimer soudain dans le réel. C'est une valeur singulière, infinitésimale. Ce n'est pas la « valeur travail » triomphante. C'est plus pauvre, plus inutile, parfois désespérément absurde. Mais « ce qui travaille », c'est aussi « ce qui préoccupe », l'homme en général, et les artistes en particulier. Un environnement qui se délite, devient sans mémoire, indéchiffrable. C'est l'homme perdu, lointain cousin de l'homme nu, qui ignore comme lui le monde après l'avoir façonné de ses mains. Ce programme de films courts questionne dans un jeu entre fond et forme les fondements singuliers de la notion de travail dans le champ de l'art, regardant la manière dont les artistes tentent de saisir la réalité d'un temps où le sens s'efface lentement.


Pérou, avril 2002. 500 personnes et 500 pelles pour déplacer de seulement 10 cm une gigantesque dune de sable située à Ventanilla, lieu d'implantation d'habitations illégales à Lima. When Faith Moves Mountain est une œuvre qui démonte le romantisme du Land Art. Comme à son habitude l'artiste belge Francis Alÿs concentre dans une action simple de multiples questions liées à la production de valeurs - ici celle du travail et du projet collectif - et à la situation sociale du contexte dans lequel il évolue.

2006 et 2007. Deux années à travailler chez TBWA, uneagence de publicité.À partir du jour où j'ai compris que j'allais quitter cetteagence, je me suis filmé le matin et le soir dans l'ascenseuravec mon téléphone portable. Pour voir ce queça donne en vrai, jour après jour, une sensation de fin àvenir. Poursuivre le réel encore et s'y infiltrer.


