Les projets en cours



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Lou Rambert Preiss, « S’imaginer autres »

Je vais travailler avec les élèves notre rapport à la fiction, comment elle nous habite, comment elle peut prendre le dessus sur la réalité. Nous réaliserons un film hybride, à cheval entre documentaire et fiction, qui questionnera ainsi la frontière entre le réel et le faux. Pour cela, j’imagine un film documentaire qui tendrait vers le fantastique. Sans effets spéciaux, sans trucage, juste avec les récits des élèves qui permettront aux spectateurs d’imaginer des scènes « hors cadre » et extra-ordinaires.
Le travail se fera en deux étapes : un premier temps « documentaire », qui consistera à puiser dans le réel qui s’offre à nous. Face caméra, les élèves se présenteront, raconteront ce qu’ils souhaitent de leur vie, en soulignant les évènements marquants.
Tous ces éléments nous serviront de base pour lancer la seconde partie du travail : l’entreprise de fiction. À partir des témoignages que l’on aura filmé, on réécrira des textes, avec cette fois la notion de dramaturgie : comment faire pour surprendre le spectateur avec des histoires qui s’écartent de l’ordinaire ? Le but du film fini étant de semer le trouble en jouant avec cette frontière fine qui sépare la réalité de la fiction.

Après des études de philosophie à la Sorbonne, Lou Rambert Preiss part étudier le cinéma en Suisse, à l’École Cantonale d’Art de Lausanne. Il y réalise plusieurs courts métrages, dont Les Zumains (2017), Prix Spécial du Jury à la 27e édition de Côté court, et Ici le chemin des ânes (2018), doublement primé au 71e festival de Locarno. Il écrit actuellement son prochain court métrage, Le Soleil, pour lequel il a reçu la bourse UpComing Lab aux 54e Journées de Soleure.



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Salma Cheddadi, « Le Diner »

À une époque où on prend pleinement conscience des effets néfastes de l’homme et où, dans le même temps, chaque voix résistante peut être audible, quelle est le message reçu par les plus jeunes ?
On s’indigne du traitement des migrants aux frontières, on s’insurge de la façon dont les femmes sont harcelées, on manifeste pour le climat, on crie à l’horreur sur le sort des animaux. Chacun trouve sur les réseaux une place où s’indigner librement, là où il était courant de le faire autour d’une table, en dinant.
Les enfants n’ont pas cette tribune. Que perçoivent-ils de ce grand bruit ? Qu’en pensent-ils ? Quelles solutions imaginent-ils ?
Cet atelier sera d’abord le lieu d’un grand débat sur ces questions qui, malgré leur sérieux, peuvent faire émerger une parole éclairée. Il permettra ensuite de rejouer cette parole à la manière des adultes, dans une sorte de reconstitution d’un diner où leurs réponses seront réécrites à la manière des adultes et interprétées par les enfants eux-mêmes. Ce sera là l’occasion de voir et analyser des scènes de diner des classiques du cinéma français, de réfléchir sur le dynamisme dans l’écriture des dialogues et d’expérimenter le temps du tournage.

Salma Cheddadi est née à Casablanca en 1984. Après avoir été diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy avec les Félicitations du Jury en 2008, elle intègre la résidence d’artiste de la Lobot Gallery de San Francisco pour réaliser le film «13 steps to leave». Depuis, d’autres films ont suivi, ils constituent la majeure partie de son travail et ont été diffusés dans divers expositions et festivals en France et à l'étranger, notamment à Hors Piste, Côté court, l'Espace Croisé, la galerie Marian Goodman, Loop Barcelona, la galerie Cristina Guerra (Lisbonne), le 104, etc...
Ses recherches portent sur la rencontre et le désir qu'elle polarise. Ses films bousculent les enjeux du récit en jouant des ambiguïtés de la présence cinématographique : elle interroge et met en scène les associations inconscientes, les vibrations quantiques ou les réminiscences animales qui habitent ses modèles.