L' autre de l'autre

de Fred Périé, Franck Gourdien

L'autre de l'autre est un dispositif visuel pour la salle de cinéma où le public est filmé et se voit aux côtés de témoins qui, eux, ne sont pas présents dans la salle. Ces derniers nous parlent de leurs rapports à l'autre au travers d'histoires personnelles. C'est comme si ces témoins, douze en tout, l'un après l'autre, étaient là et c’est avec ce "comme si" qu’est indirectement évoquée le thème de l'empathie.

Avec ce film et son dispositif un peu spécial, nous regardons des autres nous parler de leur autre, et nous autres nous nous regardons regarder l'autre. C'est du direct ! Chaque projection est unique.

A propos de Fred Périé

Après des études scientifiques, Fred Périé s’intéresse aux comportements mécaniques des matériaux, notamment les phénomènes d'instabilité. Il est frappé par l'émergence des formes qui en résultent. Pourtant, c’est avec la question de la relation à l'autre qu’il s’engage par ailleurs dans une recherche visuelle en privilégiant deux médiums, des installations vidéos et des interventions dans le paysage. Les unes et les autres invoquent très souvent une image éphémère qui reflète le public, son corps ou ses regards. Puis cette démarche a entraîné Fred Périé vers la salle de cinéma, le lieu où au travers du film, émerge un lien silencieux aux autres. Il y met certes en œuvre les techniques contemporaines, celles qui nous incitent tant à croire en notre pouvoir sur les choses, mais lorsque il utilise l'interactivité, il la réduit à une sorte de miroir, une illusion nécessaire pour révéler ce qui est véritablement en jeu, notre capacité à nous projeter dans l’image, dans la relation. fredperie.com

A propos de Franck Gourdien

Après des études d'arts plastiques puis de philosophie, Franck Gourdien se procure une caméra. Parallèlement aux documentaires (Et le chant déambule) qui sont essentiellement des coréalisations portant le regard à l'écoute de l'autre, d'une ancienne résistante, d'un peintre, d'une jeune femme malade… de libres portraits, il réalise des courts et moyens métrages vidéo qui se rattachent au cinéma d'art et essai (Toi, seule). Le film-essai se résumerait à ne pas écrire l'ensemble du scénario au préalable, à ne pas se mouler dans un canevas mais rechercher sa forme à venir quelque soit l'objet d'intention du film. La plupart de ses films font l'objet d'une création sonore de musiciens avec lesquels il collabore régulièrement. Le son est pour lui un abysse merveilleux dans lequel il plonge régulièrement, notamment en radiophonie (Si l'on dit que les âmes tendent ou À pied d'œuvre). Sauf exception, chaque texte est écrit pour le film, porté en voix-off ou vidéo-texte ; et il n'est pas stricto sensu un commentaire mais participe à la poétique de l'essai – faire attention au sentiment des choses c'est être en poésie. Son recueil de poèmes « Qui vive » paraîtra en 2017 aux Éditions La Barque. franckgourdien.free.fr