Effraction, dedans / dehors : à travers le miroir

« Puis une ressemblance négative existe entre eux, trop éveillés, qui essayent par effraction de s'introduire dans le rêve, et moi, qui dors debout, et qui essaye de m'introduire par effraction dans la réalité. » Jean Cocteau, Poésie critique, Monologues, 1960.

Les projets lauréats présentés au Ciné 104 à Pantin se disposent en autant de dispositifs multiples d'effraction, construisant des passages d' un ailleurs à un ici, d'un dedans vers un dehors, de manière réversible. La disposition des séquences, la structure en mosaïque des fragments de récits et des images adresse au spectateur un pacte de lecture en un va et vient continu mais néanmoins non linéaire.
Cet effet de bascule n'est pas sans rappeler les aventures auxquelles sont soumis les personnages de De l'autre côté du miroir de Lewis Carroll. « Ce salon-ci n'est pas tenu aussi bien que l'autre se dit Alice, en remarquant que plusieurs pièces du jeu d'échecs étaient tombées parmi les cendres du foyer ; mais un instant plus tard, c'est avec un bref « Oh » de surprise qu'elle se mettait à quatre pattes pour les mieux observer. Les pièces du jeu d'échecs déambulaient deux par deux ! ».
La figure de l'échiquier constitue ici l'architecture même du territoire de la fiction et la structure du voyage d'Alice à travers le miroir, d'effractions en effractions.
Les œuvres multimedia ci-dessous organisent également leurs espaces en jeux de marelle éclatée où des géographies étranges côtoient des flux d'images hypnotiques.

Pascale Cassagnau