Flesh Memory (59')



2018 | Couleur | 59 min
Finley Blake est cam girl : elle gagne sa vie en faisant de l'exhibition sexuelle sur Internet, devant sa webcam. Elle cherche à tous prix à récupérer la garde partagée de son fils, qu'on lui a enlevée du fait du métier qu'elle exerce. Si Finley seule dans son salon semble vaquer à ses occupations, elle peut aussi à tout moment, par la voix ou l'image, décider d'exposer son corps au monde entier. Le rendre connecté et monnayé. Jacky Goldberg capte ces quelques jours de la vie de Finley avec, comme angle d'approche, la sobriété d'un regard complice et discret à la fois. Gonflée d'émotions diverses, la maison de Finley rougeoie délicatement au sein de cette banlieue pavillonnaire du Texas où l'on devine, peut-être à tort, que chaque bâtisse ressemble à sa voisine. L'acte sexuel, que Finley simule ou effectue en plan fixe, opère une fusion bienvenue entre son caractère cru et sa douceur évidente – cette douceur que l'on avait presque oubliée au cinéma. Nous prenons conscience, très vite, que ce que nous voyons n'est ni la vie secrète de Finley ni le fantasme des internautes, mais bel et bien le hors-champ de notre imagination : les épreuves de la vie qui font que Finley, malgré son travail, est toute semblable à nous – sans jamais cesser d'être unique. Alors, Jacky Goldberg, en osmose avec son sujet, se plaît aussi à suivre le tracé de ses nombreux tatouages comme autant d'histoires possibles à raconter, et permet à Flesh Memory de se vêtir d'atmosphères inédites. A l'image des milliers d'internautes invisibles qui s'adressent à Finley, la maison est moins vide qu'elle n'y paraît. Présences fantomatiques ou amour brûlant de l'enfant aimé, Jacky Goldberg saisit délicatement leur aura, presque en retrait : avec le goût du secret partagé.


Equipe du film
Réalisation
Jacky Goldberg

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